04 novembre 2005
Critique CONFESSIONS ON THE DANCE FLOOR
Critique du dernier Madonna - Confessions on the dancefloor
Ceux qui disaient que Madonna s’était répétée – à tord – dans American Life seront content, puisque la femme caméléon a rompu avec Mirwais et le virage éléctro-acoustique qu’elle aurait du troqué contre un son trip rock. Elle a préféré la facilité en choisissant de se tourner vers une de ses spécialités : le dance floor, qu’elle côtoie à chaque album grâce à une escorte de remixs, plusieurs morceaux dont l’emblématique Vogue, ou un disque comme You Can dance, tout en profitant de cette vague de nostalgie qui fait que pas mal de morceaux sortis depuis 2 ans s’apparente à des relectures années 80.
Bref, pour ne pas tourner autour du pot, son nouvel album Confessions on the dancefloor est un combo Dance/Pop des années 80 qui se distille dans une ambiance proche des disques de Secret Service, avec un son bien vaporeux. Maintenant, on peut douter de l’originalité de la chose et après écoute, il est évident que le disque n’a rien d’original puisque chaque chanson sample ou référe à des piliers du dance floor ainsi, la chanson Hung Up use et abuse d’un sample de gimme gimme tandis que Sorry prends corps dans Can you Feel it. Future lovers quant à lui investi le célèbre I feel love du compositeur Moroder avec ce son de synthé si caractéristique et repris des centaines de fois (So hard, de Pet shop boys, par exemple)…
Et quand ce n’est pas la musique qui a un air de déjà vu, c’est des clins d’œil un peu partout : par exemple, elle dit « nobody’s perfect, i guess i deserve it »… dans how high, qu’elle chante à la kylie minogue de I’can get you out of my head, sur une musique tout aussi martelé, très 80’s. Elle rend également hommage à d’autres artistes en citant ici ou là des titres de chansons, elle passe du Kylie en chantant les quelques paroles « better the devil that you know » dans Like it or not au Beatles en répétant Let it be plusieurs fois dans la chanson let i twill be.
Les références, copiages, samples, sont beaucoup trop nombreux pour être énumérés et prouvent combien ce disque manque d’originalité.
La marque Madonna a disparu, et l’on peine parfois à reconnaître sa voix, que ce soit dans How High, mais surtout dans Push, un morceau dont le chant est vulgairement racé Rnb. Car Madonna investi ici toutes les facettes du dancefloor, et les seules qualités de ce disque sont d’une part sa compacité, qui faisait défaut au deux précédents. Ici, tout se fait donc dans une parfaite continuité, comme Ray Of light, et, d’autre part qualité majeure, ce mélange perpétuel, mixé non stop, pendant 12 chansons, à la manière des DJ, qui s’avère finalement une idée sympa, idée qu’elle avait, hélas, exploitée dans son album de remix You can Dance. Deux morceaux sortent néanmoins du lot : Isaac, qui invite la Mecque sur les Dancefloor, et LIke it or not, un rythme de chant assez cabaret –motown sur une musique hypnotique, mais malheureusement anecdotique.
Un disque très – trop même - commercial, que l’on entendra énormément, et qui ne devrait pas passer à postérité, mais Madonna devrait remplir avec celui-ci ses objectifs à savoir vendre, et faire bouger les trois publics ciblés : les gays, les clubbers, et ceux qui consomment la « musique » comme s’il s’agissait d’un yaourt, et ne sont pas exigeants sur les qualités musicales d’un disque. Madonna perdra sûrement une bonne partie des fans qu’elle a acquis avec son virage électro, amorcé avec Ray of light, mais devrait en gagner le double : c’est l’essentiel pour une telle femme d’affaire.
Bref, Confessions on the dancefloor s’impose comme LA sucrerie de la fin de l’année, mais attention : le sucre, c’est vite écoeurant…
06 octobre 2005
En attendant les confessions
Comme tout fan de Madonna (depuis bientôt vingt ans), j’attends avec impatience son dernier album – confessions on the dancefloor - qui sort en novembre. Depuis Erotica, elle a su innover musicalement en proposant toujours quelque chose d’original mais en même temps accessible, commercial mais avec ce qu’il faut de valeur ajoutée. Ce qui a toujours fait sa force et permet de la distinguer des autres « pop bitches ».
On sait tous que l’album sera dance. Et le paquet devrait être mis dessus avec une campagne de pub d’envergure, ce qui a un peu manqué à American Life, malgré une grande couverture médiatique (on est la reine de la pop, ou on ne l’est pas).
Enfin, on a tous entendu des extraits de Hung up, le Dub de Hung up… et bien moi, je suis déçu par cette espèce de chose sans talent qu’est ce morceau, qui ne propose absolument rien de nouveau et se complet dans une mièvrerie dance parfaite pour les boites, avec des sons déjà mille fois entendus de part et d’autres, et enfin, un sample d’Abba intégré d’une façon tout sauf subtile, aux antipodes des samples de l’album Erotica, de substitude for love et j’en passe.
Maintenant la suite de cet album, dont le titre ne me plait pas vraiment non plus… elle est peut-être mieux. Probablement. Hung up est peut-être une sorte de single vitrine, pour marcher dans les boites et les radios, et d’autres morceaux seront plus ambitieux. Je l’espère. Sinon, elle risque de se faire laminer par les critiques, qui n’avaient pas vraiment apprécié son précédent opus, à tort ou à raison. Mais, ce qui est certain, c’est qu’elle se fera adorer par les dancefloor – et surtout les gays, pour changer – son hung up étant des plus dansant. Bref, elle nous fera suer sur la piste en cette fin d’année, et elle en vendra bien plus qu’American Life :
- Une meilleure campagne de pub (10 millions de dollar investi par warner selon les rumeurs)
- Un titre phare ultra commercial taillé pour les boites et les radios
- Aucune polémique à priori avec les US (le plus gros marché en terme de vente)
- Une édition limitée avec un titre en plus et dont la sortie est différé au 13 décembre, contrairement à l’édition limitée d’American Life, sortie en même temps et ne proposant rien de spécial.
Bien sur il reste un grosse concurrence au niveau des sorties de cette fin d’année, alors bonne chance Queen of pop.
Pour toutes les dernières news, rumeurs etc... je vous conseille le site Madonna Electronica, lien à droite :)
28 juillet 2005
The Re invention tour - Paris
En attendant le documentaire et le dvd de la derniere tournée ( et le nouvel album : confession on the dancefloor), voici, en audio, le concert du 1er septembre 2004 à Paris Bercy histoire de se replonger dans ce grand concert pop :
http://rapidshare.de/files/3415710/parisian_dream_1.rar.html
http://rapidshare.de/files/3417531/parisian_dream_2.rar.html
http://rapidshare.de/files/3416429/parisian_dream_3.rar.html
Suivez les indications du message précédent
25 juin 2005
Madonna Defying gravity
Histoire d'imaginer un peu le contenu, voici la tracklist et les crédits de songwriting du prochain album de Madonna, qui devrait sortir en novembre 2005 :
Whitered (Madonna/Stuart Price)
Insanity Fantasy (Madonna/Bloodshy & Avant)
Going Every Mile (Madonna/Stuart Price)
Bad Nature (Madonna/Mirwais/Will Gregory)
Exileration (Madonna/Stuart Price/Mark "Spike" Spent)
I Trust Nothing (Madonna/Guy Sigsworth/Nelee Hooper/Mark "Spike" Spent)
Defying Gravity (Madonna/Stuart Price)
A Perfect World (Madonna/Patrick Leonard/Ray Caroll)
Way Of Base (Madonna/Monte Pittman/Stuart Price)
I Love New York (Madonna/Monte Pittman)
The Demon's Disco (Madonna/Will Gregory/Mark "Spike" Spent)
Beyond/Why Does It End? (Madonna/Stuart Price/Monte Pittman)
Following The Sun (Madonna/Patrick Leonard/Stuart Price)
17 avril 2005
[Critique] Madonna : the first album
Souvent les premiers albums, à défaut d'être les plus aboutis ou les plus originiaux, sont les plus frais. C'est le cas pour The first album, le premier album de Madonna, sorti il y'a plus de vingt ans, en 1983. Elle avouera la faiblesse de ce disque plus tard, en disant qu'il s'agissait d'un album d'aérobic, faiblesse qui est aussi sa force puisque, musicalement, l'interêt de cet album est d'être en avance sur son temps. Et force est de constater qu'il n'a pas veilli, contrairement à un like a virgin emblématique des années 80 ou de True blue, son plus commercial, bien marqué dans son époque.
Que nous propose cette galette : les ferments du style de la madonna pour une sorte de pop dance imparable et catchy, avec, parfois, des accents rocks (burning up) reminescence de l'époque où elle jouait dans des groupes comme Emmys, sur les pas de Blondie. L'album se compose de deux types de morceaux : les morceaux ambitieux musicalement, non pas au niveau des partitions qui sont d'une simplicité enfantine, mais au niveau du traitement du son, et des morceaux pops imparables et tout de suite périmés dont Borderline est l'exemple le plus parfait. Et parmi cette première catégorie quelques gemmes qui annonceront la production électro des années 98 - 99 avec l'embryon de Music à savoir Lucky star et cet arrangement de corde synthétique clinquant qui n'est pas sans rappellé une des nombreuses accroches de Music, morceaux éminement rythmique. Même remarque pour holiday, beaucoup plus commercial. De l'autre coté, on a des chansons bien plus pop comme Borderline, qui sonne aujourd'hui comme ringarde, défunte, sans qualité, mais qui, à l'époque, était parfaite pour les charts, ou un Burning up survolté qui marche sur les traces de Blondie, le génie et la classe en moins, tout en étant trés efficace pour les charts (la démo est bien meilleure par ailleurs). Une veine rock qu'elle n'exploitera malheureusement pas plus que ça, malgré une recidive faiblarde avec Gambler deux ans plus tard. Ce qui fera la force de Madonna, et construira son mythe, c'est justement ces chansons pop imparable, catchy, simplette et dans l'air du temps, avec une production un tantinet différente de ce qui s'écoutait alors. Si madonna avait perservé dans cette voix rock avec Burning up, il y'a fort à parier qu'elle ne serait plus là aujourd'hui.
L'album est un condensé parfait de ce qu'on trouvera par la suite chez madonna : le coté pop catchy (holiday, borderline, i know it), une volonté d'innover musicalement au niveau sonore, en flirtant avec les tendances underground (Lucky star, everybody, physical attraction, le morceaux le plus travaillé). Madonna s'est beaucoup impliqué dans cet album puisqu'elle en a completement écrit et composé cinqs titres, et ces titres sont d'un coté les plus repetitif au niveau musical (partitions) mais de l'autre les plus innovants, avec en tête lucky star. Cet album se place dans la lignée de Music, presque 20 ans plus tard : son second album aérobic, rythmique et minimaliste (au niveau des textes) et son second témoignage qui prouve qu'il faut compter sur elle au niveau de la production sonore pour innover.
18 mars 2005
Madonna American Life - un parcours personnel
Un parcours personnel
L'album, musicalement, n'a pas la cohérence sonore d'un ray of light, et semble ne pas avoir de fil conducteur quant à son programme musical. On passe ainsi de morceaux purement éléctro pop à des morceaux électro acoustiques, et des morceaux simplement acoustiques, ce qui peut donner l'impression à l'auditeur de sauter du coq à l'âne, notamment avec Nobody Knows me.
En réalité, il existe bien une cohérence au sein de ce disque, et c'est celle-ci qui sert justement de fil conducteur dans une sorte de découverte de soi qui n'est pas sans rappeller le Scarlet Walk de Tori Amos (dans un tout autre domaine bien sûr, Madonna étant une artiste Pop avant tout). Sans être un album concept l'album peut toutefois se découvrir sous cet angle dont on ne saura probablement jamais si il est voulu ou non.
Les trois premièrs morceaux parlent des rapports au monde, un monde capitaliste basé sur un materialisme absolu, et une certaine solitude de l'être malgré les richesses matérielles qu'il est possible de s'offrir. Madonna les énumères dans le rap d'American Life, avant de brosser un portait ironique et fortement désincarné d'Hollywood. I'm so Stupid sert alors de constat et permet de s'extraire de ces considérations : la seule vérité et remède à tout cela, c'est l'amour, ce qu'elle chante dans Love profusion. La rencontre de l'autre est ce qui apporte à l'être le seul bonheur, chose que l'argent ne peut pas acheter.
Arrive ensuite nobody knows me qui confirme cela : personne -d'après ce qu'elle dit- ne connait la matérial girl qui a eu tellement de vies différentes et qui n'est justement pas la femme objet que l'on prétend qu'elle est. Elle parle de nouveau du coté superficiel de la société occidentale à laquelle elle semble opposée par ses propres valeurs : elle dit ne pas perdre son temps à lire les magazines, ne pas regarder la télé. Elle ne s'abrutit pas avec tout ça. Elle prodigue alors à son auditeur une somme de conseils (personne ne doit te dire comment mener ta propre vie, etc...) afin que chacun fasse éclater la verité - sa vérité - et continue son chemin par exercice du libre arbitre. Message : Etre, et non avoir.
Arrive ensuite une succéssion de chanson très acoustiques : cette fois-ci on retrouve la Madonna introspective de Like A prayer. Elle parle de ses sentiments amoureux envers un homme (nothing fails) et que ce sentiment permet de tout dépasser, puis de l'amour filial qui permet, là encore de dépasser toute les épreuves. Car justement, l'amour est la plus grande force, message de love profusion, mais cette fois-ci repris de façon complétement personnelle, et non générale. X Static Process rappelle également à l'ordre de même que Nobody Knows me : si, dans Nobody Knows me, elle invite à se méfier des autres et des médias, ici, elle invite à se méfier de soi dans le rapport amoureux c'est à dire ne pas se perdre dans la contemplation de l'autre : elle dit avoir oublié combien elle était spéciale par rapport à un homme parfait, incarné par le Christ dans cette chanson.
Christ mentionné dans la chanson suivante, qui se penche cette fois-ci sur l'introspection : madonna évoque (de nouveau) la mort de sa mère d'un cancer, alors qu'elle n'avait que 5 ans. Et donc de nouveau l'amour filial (ce qui rejoint intervention, mais cette fois-ci dans le sens contraire). Aussi est-il possible de penser qu'Intervention découle des événements décrits dans Mother And Father et explique le prèsent.
Il en ressort de la determination, et le fin de conduite d'une vie basée sur la recherche d'un amour - ce qui mène à nouveau à un retour en arrière à la piste 4.
(Die Another day vient contredire toute la progression et n'a pas vraiment de rapport avec le reste du disque thématiquement parlant.)
L'album se termine sur la superbe Easy ride, qui clôt l'album à la perfection d'une part en mélangeant tous les éléments musicaux présent sur l'album, mais également en faisant la synthèse des thèmes abordés, et en apportant une réponse : le dévellopement personnel.
15 mars 2005
Madonna American Life - un disque retouché
Un disque retouché
Alors qu'on annonce un retour rock avec un prochain album qui sortirait fin 2005 - début 2006, le conflit avec Warner semble ressurgir : la maison de disque ne souhaite pas que cet album penche sur le rock avec des sons lourds, de même que pour American Life. A l'époque, Madonna était alors retournée en studio pour que l'album soit plus electro conformément aux attentes Warner.
Il faut savoir que le droit des artistes n'est pas le même qu'en France et que les maisons de disques, là bas, détiennent un pouvoir sur les oeuvres de l'esprit qui est bien plus grand que dans notre pays. Ainsi est-il possible, là bas, de retoucher une oeuvre, la sortir sous de multiples formats, ce qui ne passerait pas chez nous sans l'accord de l'artiste, voire même interdire la sortie du disque comme c'est le cas pour Fiona Apple, maitenue dans les fers par Sony : elle ne peut signer ailleurs et donc sa carrière est actuellement suspendue.
American Life devait afficher, d'après rumeur, un son bien plus lourd à l'image des versions rocks de remixed and revisited (un EP qui est sorti dans la foulée de American Life) alors que le résultat final est un album electro - acoustic à dominante intimiste, tout le contraire de l'album Music qui était plutôt - à part les deux ballades acoustiques - complétement dépersonnifié.
Victime du capitalisme, cet album - le moins vendu de toute la carrière de Madonna - porte parfaitement son titre. On peut également s'interroger sur la verité de ce disque, de même que la vérité de son contenu puisque ce ne serait pas le contenu initial voulu par Madonna, point de vue qui serait autrement incarné par le fait que Madonna ne chante pas American Life, mais bien American Lie, dans la chanson phare et première de son disque. Une piste plutôt interessante.
Suite : American Life : un parcours personnel